Hommage

Dimanche 12 juillet 2009
Ligne fréquence traitement avec rinçage.
Rephair cheveu traité et abîmé ou Body-max cheveu fin et fragile.

Non, pas de shampoing, les cheveux ont été lavés ce matin. L’apprentie passe le balai rapidement, le sol est impeccable.
Du fauteuil, par le truchement des miroirs, c’est la galerie des glaces : cheveux plats, souples, crépus, ondulés. Aile de corbeau, auburn, poivre et sel. Rebelles, en bataille, hirsutes...
La vitrine promet pour elle et lui. Le plafond tendu est brillant.
Un café ? Oui, merci !
Il ferme les yeux et écoute la princesse aveugle.
Du pied, la coiffeuse trace des ellipses sur le carrelage.

Tapis de danse noir couvrant la scène devant le décor, rideaux noirs à l’allemande contre les murs, frises et fond noir, rideau d’avant-scène.

Parler, crier, ressasser : Theater. Plaies, cicatrices sur la peau.
Apaiser aussi.
Le tragique du monde est dans le tragique des corps. Tanz.
L'obsession des mouvements amples et fluides des bras, geste répété jusqu’à l’infini.
La coiffeuse coupe. Les danseuses agitent leurs longs cheveux en cascade. Parfois, elles s’arrachent les cheveux.
Elle, un chignon. Egérie, prêtresse, déesse. Rien ; au-delà.
Le haut du corps, toujours. Et le pied d’Iris.

Par hervé pizon
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Dimanche 19 avril 2009
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Par hervé pizon
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Lundi 16 février 2009
En ce dimanche anniversaire, tout s'active en cuisine. Les fourneaux bombent le torse : pommes de terre écrasées à la fourchette avec grand soin, confit de cuisses de canard désossées puis émiettées, l'ensemble nappé de miettes de pain d'épices dressé dans un plat aux dimensions familiales, enfourné durant deux heures.
Le vin est chambré, il a été remonté de la cave la veille ; la table a été dressée de guingois par une nuée d'enfants, aussitôt remise en ordre de bataille. C'est-à-dire,  gauche droite comme il convient, fourchettes nez contre toile de jouy, couteaux yeux tournés vers les visages ronds des assiettes.

Lorsque la voiture pénètre dans la cour -ce bruit sur les graviers- puis stoppe à côté du mur, tout est prêt.
Les invités sont arrivés. Accueillants, les enfants dévalent les escaliers en ordre dispersé, plus grand devant, tous  la fleur au fusil pour rejoindre le perron de l'entrée.
Les présentations sont faites  :

- Bonjour... bienvenue !
- Vous avez une maison charmante...
- Dites bonjour les enfants, ne soyez pas timides commes des bourgeons !

Elle est souriante, d'emblée à l'aise et plutôt sympathique la nouvelle "amie" du frère.
La conversation s'engage dans le couloir, on parle à bâtons rompus de la neige et du beau temps.


- Vivement le printemps...
- Ah ? Designer, quel beau métier !
- Qu'il passe son chemin ce rude hiver. Que les perce-neiges...
- Oh zut ! Les fleurs.

Elle s'en va les chercher dans sa voiture longue comme un jour sans fin.

- Oooh ! Des tulipes rouge orangé !

Alors que les bulles emplissent les coupes et grimpent avec élégance sur la paroi des verres des convives, les fleurs à bulbes suivent le chemin inverse. Négligées, elles baillent, s'affaissent avec une nonchalance non feinte. Jusqu'à s'ouvrir complètement. Et en quelques minutes, inexorablement, dans un vacarme pitoyable pour les yeux,  les pétales tombent. Un à un.

Par hervé pizon
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Lundi 26 janvier 2009
D'un trait jeté spontané selon penchant naturel, pente douce
trace définitive -elle parle-
et la pensée s'éclaircit,
réhaut de blanc.
Par hervé pizon
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Vendredi 2 janvier 2009
Pendant toute ma 5° et 4°, j'ai noté en cours de français sur un cahier les anecdotes narrées par notre professeur ; d'un côté il y avait la liste des personnes qu'il connaît, et en retournant le cahier, il y avait des histoires plus développées... cahier retrouvé il y a peu, en voici un extrait (maintenir ou enlever le pointeur sur chaque page) :



Par hervé pizon
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Jeudi 20 novembre 2008


ALfée enregistré en concert -
sons imparfaits
la musique, une texture vivante


..


Découvrez Agathe Laforge!..


"il faudrait se lever tous les jours avec un sentiment d'espoir et que la journée se termine avec l'impression d'un progrès"
Yehudin Menuhin


musique composée et interprétée par Agathe Laforge

son myspace

ALfée


Dans l'obscurité de la chambre bleue nuit il ferme brusquement les battants de la fenêtre. Sur l'oreiller étourdi il se pince -non ! il ne rêve pas- il s'y frotte, se coltine. L'instrument triangle sommet pointé vers le ciel, dégagé. L'arc au col de cygne bandé décoche quarante-sept cordes. Reçues plein coeur, sang mêlé de cette mélancolie arpégée, abstergée par la douceur assourdissante de sa musique d'ange têtu.

Quand les paupières courbes sont closes, forcément l'âme s'adosse à la voûte; l'arc intime triomphe de l'être extérieur.

Après avoir écouté, il se lève puis se dirige vers la fenêtre à croisée et tourne l'espagnolette. L'air  frais saisit le visage, engourdit délicieusement les doigts et la respiration devient plus ample. On entend l'aube lointaine des automobiles. A l'instant où sa harpe rieuse s'esclaffe, au balcon en face, il entraperçoit le joli bras nu d'elle. Il détourne, juste un peu, le regard.


Par hervé pizon
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Mardi 15 juillet 2008

...

Au-dedans de son elle ça a craqué.
Il pleut des cordes, les enfants jouent au pendu.
Après l'averse, la poussière s'est tue.
La poussière, sais-tu ?

hommage à une jeune femme partie à 20 ans.

Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008
La caravane de Sarajevo passe
Avec ambages la frontière suisse
Laissant derrière elle ses enfants et ses pères
Quelque chose se noue la-bas
Quelque chose se joue ici-bas
Est-ce que tu viendras ?

Puis ta musique occupe bruyamment le hall
La plume de ton silence écrit dans l'espace
Saignant sur le plateau des traces indélébiles
Ton théâtre de signes colle à la poésie
Ton alcool entêtant m'enivre
Même les capsules de bière voltigent avec grâce

Le corps bougent encore, se perdent puis se heurtent
Et têtes chavirent et masques ne tombent pas
Sous les coups de butoir de l'artillerie
Entre chien et loup, l'enfant au foulard rouge observe
Le pâle éclat des guirlandes meurtrières


Hommage au Théâtre Tatoo (Mladen Materic, Sarajevo puis Toulouse), l'un des plus grands chocs artistiques de ma vie, et une très belle rencontre avec un maître du théâtre silencieux. A l'époque, en 1992, j'étais chargé de com ds un théâtre et n
ous avons accueillis ce spectacle qui débutait la tournée européenne. Le théâtre Tatoo a quitté son pays juste au moment où la guerre éclatait...
J'ai vécu trois jours extraordinaires avec cette compagnie, je les ai accueillis chez moi.
Et j'ai touché du doigt ce qu'était la guerre quand je téléphonais à Sarajevo pour prendre des nouvelles et que j'entendais  les tirs, les bombes, les rafales de mitraillette, puis plus rien, plus de téléphone...
J'ai revu entretemps Mladen et sa femme Vesna à Strasbourg puis à Toulouse où il se sont réfugiés.

Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008
Le Feu des fragiles bougies, lueur terne
Eclairent nos âmes égarées en Terre de peupliers
Nos chapelles dévastées, en ruines
Renaîtront-elles dans l'Eau des thermes d'Acqui ?
La lumière du Quatroccento éblouit
Ta chevelure rousse sur tes épaules lactées
Tes mains à la douceur idéelle captent l'Air
Du temps de ton Chien spirituel
Dieu que tu es belle !
Nostalghia.

hommage à Andreï TARKOVSKI, cinéaste
Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008

Sir

Sir ma soeur
Tiens t'as le bonjour d'Alfred
Deller, de l'air
S'envolent
Au-dessus de nos têtes
Hautes notes, monte sa voix
Contre l'ici-bas !
Du mont tu franchis

Si Ô my Sir
Tiens le jour se lève
Et le lait et la terre
Nourissent
Par delà nos fêtes
Bouches, montre la voie
Avec grâce
Des collines tu t'affranchis.


hommage à Alfred Deller, haute-contre
Par hervé pizon
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