Les vignes d'elle

Vendredi 9 janvier 2009
L'âme conscience des émotions, prégnante et agrégée, un grain de sable.
Doucereuse, elle altère le goût.
Le corps se meut vertige, embruns.
Dans mon palais, son vin.

FIN
Par hervé pizon
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Lundi 22 décembre 2008

Robe, or et une touche de vert,
tombée,
noisette et amande
puis raisin très mûr et miel,
en bouche : 8 à 11 caudalies.
Cheveux épars filent sur le cou,
yeux ouverts, tel Atlas
à regarder le monde de tes épaules nues.
Rai de soleil lèche les lames du plancher,
ton horizon de dunes,
paysage immuable,
bruissement léger
vent du sommeil.
Mot, geste,
marque propre à sentiment,
pression et impression du corps
au creux de toi, ta peau parle.

La sève monte, premiers bourgeons,
premières feuilles, d’un vert fragile
gelées printanières tant redoutées,
sentiment ancestral du peu de fruit ?
bientôt chassé par les nouvelles :
dans l’obscurité de son écrin boisé,
le vin exhale sa vitalité fleurie
au parfum de violettes,
tu ouvres à moi tes yeux.
Ravissement, trouble de l’âme
et pensée de l’amour;
excitation de l’ivresse,
exaltation en sentiments
exhalent parfums du fruit frais
au caractère de la jeunesse ton vin.
A ton chant d’ivresse :
fin et délicat amour rond,
dentelle chue,
fraise des bois,
framboise et cassis,
Amoureuses et Charmes.

Marcher à grandes enjambées
dans les vignes
ébourgeonnées et épamprées,
caresse d’une brise légère;
vent d’ange,
racines enfoncées profondément dans le sol,
vignes noisetiers de tes yeux
pêches toucher de ta peau
tâches de rousseur
sur les collines de Monferrato
dans la brume.
Sol en partage, humilité
immédiateté en suspension
sensations nourricières
et persistantes,
acuité de la pensée
-l’épidermique-
le goût de ton eau,
la terre de tes gestes.

Olivier millénaire deux fois,
arbousiers, myrtes
et lentisques en fleurs,

fontaine à l’eau claire
comme ta peau,
embruns des corps eau et sel,
vins de rancio,
baisers salés délicieux, perlés.
Treille aux effluves capiteuses
de l’autre rive

roulis, griserie.
Tanguez beauté des vagues !
Grains de sable projetés,
présence pétillante, le dos,
les mains et le pied marin.
Perchés sur la place,
terrasse rouge barrée de soleil
yeux plissés, chênes truffiers,
vins rubis au goût de perle noire,
thym, lavande,
penchants de l’amour,
bascule à l’abandon
délicieux de ton ciel,
l’inclinaison idéale
nuque blanche.
Humer ton nez d’abricot
absterge mes plaies.

Le vent s'insinue
au mur de la douleur
souvenir amer d'un mot acide,
petit air sucré,
tes larmes salées j'ai goûté.
Puis sous la tonnelle enchantée
près la treille,
au beau milieu de nulle part,
de cet amour
rond et si plein,
tu glisses le long des parois
de mon verre.
Mon vin !
tu as de belles jambes, pense-je.
Argile contre pierre,
reflets de toi, soleil,
vitraux gris en bandes de Soulages.

Absence, cris des jeux des enfants,
jolies lumières courent entre les platanes.
Rires, rosé de saignée,
défaut de ta présence
nécessité de toi,
bouteilles vides.
L’eau manque déjà,
comme tu manques ma rosée.
Amour, sur le fruit.
Sans attendre :
je vois de toi,
marnes sur argile rouge,
schiste noir.
Je bois de toi
grenache noir,
ce baiser de ta bouche
gourmande
m'enivre arômes
cerise en confiture
légèrement poivrée.

Au Prieuré Saint-Jean,
entendre l'acoustique du lieu ;
toi tangible ta voix rieuse.
Vin rouge sublime aux reflets roux,
persistance en bouche infinie,
puissance et fraîcheur.
Pour peu que tu penches le pied
d'un léger mouvement
de ton poignet gracile,

elle se découvre,
entraînée sur la paroi
cristalline,

l'attirance est forte.
Au toucher de la bouche,
le vin est velours et pulpeux;
le fruit plus présent,
les arômes chimères.
C'est clair, tu me troubles.
J'ai envie de crier
fruits noirs compotés,
fruits rouges confiturés,
tabac, cacao, baies, épices,
olives, fenouil,
garrigue, violette.

J'ai chuchoté
tu me manques.

Vin muté, moûts muets,
ravins brûlant
de désir
encaissés
dans les montagnes schisteuses

dévorées de soleil,
fleuve d’or de l’amour
barcas rabelos
rio Douro,
impétueux du sentiment
coupé de rapides
semé de brillance,
d’écueils et de remous.
Ce chaud, ce froid.
Dormir contre toi.
Obsession de la lumière
et du mouvement,

minutie du détail,
grain de la peau,

boucles des cheveux,
pâleur et douceur du visage,
perspective et fuite
liqueur absolue exquise,
pressage des raisins
dans leur prison de glace,
eißwein.

Au château, hirondelles,
tête jolie sur mon épaule,
courte itinérance
en décor de l'amour.

Sols arides issus
de roches calcaires décomposées,

accrochées au paysage
olive et amande,

vignes en terrasse.
Sauge et lavande,
carpaccio de sandre.
Et dix mille cigales enchantées.
D'eux, rouge, têtes penchées;
Marie-Antoinette.
Primevères en équilibre,
papillons fleurs blanches
et butinent nos bouches de miel.
Sous la treille du sommeil
je dors près d'elle
arbre en garrigue
à l'infini miroir de thym.
Chevilles nouées,
mains douces immobiles liées,
Tout s'est tu du dehors
et les grappes de mots
font silence

en lune presque pleine
noir profond de la première nuit.
Aucune astringence.
Les bouches ne sont jamais asséchées
en terrasse des sentiments.
Ils se rejoignent à nouveau.
Et leur souffle.
Les grains de peau
dos ventre
croqués à belles dents,
la rosée en ton écrin de raisin.


nota : adaptation des Vignes d'elle, 26 textes déjà postés par ici...
Par hervé pizon
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Lundi 11 août 2008
Sous la treille du sommeil je dors si près d'elle mon arbre en garrigue à l'infini des miroirs de thym. Les chevilles sont nouées et les mains douces immobiles sont liées, au repos. Tout s'est tu du dehors et les grappes de mots font silence en lune presque pleine déchirant le noir profond de la première nuit d'eux. Aucune astringence. Les bouches ne sont jamais assèchées en terrasse des sentiments. Lorsque la pression des membres se relâche légèrement, les corps se distancient dans le lit, jamais très longtemps malgré la chaleur des corps chambrés. Ils se rejoignent à nouveau. Et leur souffle. Les grains de peau dos ventre furent croqués à belles dents, la rosée en ton écrin de raisin.
Par hervé pizon
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Lundi 21 juillet 2008
Il n'y a pas foule à Vaison, perchés au château, les hirondelles au-dessus de nos têtes, nos têtes au-dessus de nous regardant ce nous ta tête jolie sur mon épaule, à chercher des yeux sans le trouver l'amphithéâtre où sera rejoué May B juste après notre départ. Oh ! courte itinérance joie infinie en décor de l'amour.
Casa Bassa, vestiges d'un domaine dont les racines remontent jusqu'au XIV° siècle, le pape résidait alors en Avignon. Sur ces sols arides issus de roches calcaires décomposées, accrochées au paysage olive et amande, des vignes en terrasse. En terrasse thym et lavande, nous dînons notamment d'un délicieux carpaccio de sandre. Tu es belle. Nous buvons un deux trois vins. Autant et plus à déguster en corps, neuf, voire dix vins. Et dix mille cigales enchantées. "D'eux", rouge, têtes penchées ; rosé de "Marie-Antoinette", je perds la tête.
Et, "Primevères" : Grenache blanc, Roussane, Viognier et Clairette assemblés. Nous tombons à la renverse -vin très équilibré acidité agréable- nos têtes papillonnent dans les fleurs blanches et butinent nos bouches de miel, une finale très fraîche. Tu frissonnes, je l'ai vu. Tu enfiles ma chemise. Tu es belle disais-je ; tu as moins froid là. Si belle j'insiste. Les manches sont un peu longues et tu les ajustes avec habileté et l'élégance d'un geste parfait tout en discourant des livres par moi prêtés, du beau temps de nous sans la pluie et l'amour de à nous donné, l'amour d'eux si haut à la maison basse.
Ce vin sera notre vin à l'évocation printanière d'un été un peu frais, renouveau au coeur. Mon, ton, notre vin, premier, amour, sans rival. Tourgueniev n'a qu'à bien se tenir !


(à suivre)
Par hervé pizon
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Lundi 2 juin 2008
Le vin de Bébian a laissé apparaître sa matière au fond de ton verre INAO. Pour peu que tu penches un peu le pied d'un léger mouvement de ton poignet gracile, elle se découvre, entraînée sur la paroi cristalline, l'attirance est forte. Non filtré, au toucher de la bouche, le vin est velours et pulpeux ; le fruit est plus présent, les arômes chimères. C'est clair, tu me troubles.
Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008

Maury, j'emprunte à Julien Sorel les couleurs sans le deuil. Minuscule et étroite bande de terre coincée entre contreforts pyrenéens et Corbières ; ici, las de la tradition, une poignée de vignerons a donné un coup de pied dans la fourmilière et de vin doux naturel, leur Maury ressemblera à un vin naturellement doux. Amour, sur le fruit. Sans attendre, je vois un peu de toi, marnes sur argile rouge, schiste noir, je bois de toi, grenache noir, ce baiser de ta bouche gourmande m'enivre de tes arômes de cerise en confiture, légèrement poivrée.

Par hervepizon
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Mercredi 21 mai 2008

Les moines y sont arrivés dès le XI° siècle, c'est juste à côté de Pézenas -on dit là-bas que Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière à Pézenas- c'est à Bébian. Le toit menace de s'écrouler, on ne peut plus visiter le Prieuré Saint-Jean, passant outre, j'y fais quelques pas pour entendre l'acoustique du lieu ; je n'ai de toi tangible que ta voix rieuse sur ma messagerie.
Des vignes de sélection massale, un terroir exceptionnel, un soin extrême dans la vinification, un vin rouge sublime, aux reflets roux, que je découvre, en dégustation dans la cave, une persistance en bouche infinie, de la puissance et de la fraîcheur. J'ai envie de crier dans le Prieuré... fruits noirs compotés, fruits rouges confiturés, tabac, cacao, baies, épices, olives, fenouil, garrigue, violette ; j'ai chuchoté tu me manques.

Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008

- Mais de quels mots use-t-on pour parler d'un vin... sublime ?
- On ne dit plus rien. *

Je la regarde. Elle; en silence.


* extrait d'un entretien avec Martine Coutier, linguiste jurassienne, qui a publié le Dictionnaire de la langue du vin (CNRS, 2007), article paru dans Libération le 22/09/07.

Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008
 C'était au beau milieu de nulle part, à l'abri du vent; cette façon dont tu as pu t'insinuer au mur de ta douleur, tu avais en tes yeux le souvenir amer d'un mot acide, petit air sucré, tes larmes salées j'ai goûté. Puis sous la tonnelle enchantée près la treille, au beau milieu de nulle part, de cet amour de toi à moi, rond et si plein, tu glisses le long des parois de mon verre. Mon vin ! tu as de belles jambes, pense-je.
     
Par hervé pizon
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Mercredi 21 mai 2008
Perchés au-dessus du Rhône à la Garde Adhémar sur la place, la terrasse rouge barrée de soleil se joue de nos yeux, plissés. De son château à Grignan, Madame de Sévigné narrait les vins exquis du Tricastin dont les vignes furent plantées sur les anciennes cultures de chênes truffiers. Les vins rubis ont le goût de la perle noire. Pour un peu, et en y ajoutant le thym, la lavande et la fontaine, ils nous empêcheraient presque de nous regarder droits ! Mais enclins aux penchants de l’amour, tout bascule à l’abandon délicieux de ton ciel, l’inclinaison idéale de ta nuque blanche, blanc en vallée, de humer ton nez d’abricot absterge mes plaies.
Par hervé pizon
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