Lundi 23 mars 2009
à C., R., J-Y. et Z.


Déjeuner au bar-tabac-restaurant en pleine Marne et basse saison : piémontaises et comme un menu enfant dans l'assiette, faux-plafond, rires et cartes postales avec des femmes nues.

Au lac du Der on parle beaucoup, sauf quand le vent pique trop les yeux, alors se taire, se réchauffer et marcher plus vite ; il y a une presqu'île entourée d'eau argent, on aperçoit la sablonneuse depuis le chemin tout droit qui le surplombe.
Super U. Une bouteille de vin, une brosse à dents. Sourire de la caissière.
En soirée chez les amis, les bulles s'évadent des coupes immenses emplies à ras bord.
Nuages de fumée,  volutes chuchotées, criées ou musiquées, pieds sur le canapé.
Quart de temps, le oud.
Nez dans les assiettes carrées, langues bien pendues, viseur sur l'oeil, pieds dans le fil de la lampe et de la pensée.
Les couacs, les mots -compagnons, camarades- s'allongent, ils expérimentent, ils explorent.
Par hervé pizon
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Jeudi 19 mars 2009
Avec le soleil de la partie, une multitude endimanchée se presse sur la place du village en fête, vers les tables de buvettes dressés en nappes blanches.
Au beau milieu de cette cohue, elle se tient droite et immobile, un foulard enserre ses cheveux, une main est accrochée à la robe blanche.
L'affluence croît sans cesse, elle sent la peau moite de son voisin et dans l'interminable attente épaule contre épaule, la foule se contracte en un mouvement qui la rend nerveuse. Elle a subitement chaud. Elle enlève alors son foulard. Les chaussures à talons blessent ses pieds. Un poids comprime sa poitrine, elle respire mal.
N'y tenant plus, elle renonce, se retourne et se fraie un passage dans l'immensité oppressante. L'espace d'un instant, elle retrouve son souffle dans une rue perpendiculaire près du bureau de poste. Elle marche pieds nus. Une goutte de sueur se dispute la nuque avec le parfum de violettes.
Attirée par le bruit d'une fontaine dans la cour d'une maison, elle s'y rafraîchit. La porte de la cave est grande ouverte : elle s'approche, descend quelques marches, le contact du pied sur la pierre humide.
L'homme ote un à un ses vêtements puis se lave soigneusement les pieds sous un maigre filet d'eau. A la force des bras, il se hisse avec habileté dans la cuve. En silence, elle l'observe : debout et nu, par un mouvement de balancier, il fait porter le poids de son corps alternativement sur chaque pied -le foulage du raisin exprime le jus- bientôt le sucre et les moûts remontent le long des cuisses.
Par hervé pizon
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Jeudi 12 mars 2009
Il a reçu un nouveau SMS d'Angèle. Un message d'amour.
Elle se prénomme Angèle. Elle se prélasse à demi nue sur son sofa -Burger au casque- la tête sur un coussin défoncé, les mains derrière la nuque, souple. Les cheveux tombent en arrière et touchent le tapis Héréké.
Un verre de cristal est posé sur la table de salon, un drink en équilibre sur une pile de livres.
Merde, cette scène a vraiment de la gueule.

Angèle, elle se prévaut d'un avantage sur lui. Elle avait dit au moment de leur rencontre : quoiii ! tu n'as pas d'accusé de réception sur ton mobile...
Lui, incrédule et intrigué, il avait dit qu'il ignorait cette fonctionnalité ou ce service, il allait de ce pas se renseigner auprès de son opérateur qu'à celà ne tienne et faire le nécessaire au plus vite, c'est évident.

Il a reçu d'Angèle, expédié du sofa entre deux drinks, trois peut-être, de ses mains otées de derrière sa nuque, un message d'amour.
Il exuuulte !
Et Angèle, elle a reçu l'accusé de réception de son SMS.  Elle sait. C'est là son avantage.
De joie, il est fou ; à Angèle, il envoie un SMS. D'amour.

L'a-t-elle reçu ?  Lu ? Est-elle émue ?
Pas de réponse, il s'inquiète toujours en pareil cas.
Il ne sait plus.
Il pense merde, il est déçu !
Il envoie un mail. Il dit : tu l'as reçu ? Qu'en penses-tu ?

Un second SMS il expédie : Ange -Ange, c'est son diminutif- tu ne réponds pas ?
Trois : Ange ?
Quatre : mon ange ?
Cinq, moins possessif , itératif : Ange ?
Six, supposé non intrusif : je te dérange ?

Nouveau SMS Angèle
Il dort, profondément.

Nouveau SMS Angèle
Il fait un rêve étrange.

Nouveau SMS Angèle
il se réveille aux côtés de son ange.




Par hervé pizon
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Lundi 9 mars 2009


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Jeudi 5 mars 2009
Parfois au petit matin les larmes de l'herbe verte inclinée retournent à la terre :


lorsque je suis allongé contre le corps chaud de l'enfant se frottant les yeux avec le dos de la main et que ses grands cils et son coeur battent à l'unisson,

lorsque le soleil traverse le verre grossier par la fenêtre et forme un reflet mêlé à l'ombre dansante sur les murs réjouis comme moi d'une telle aubaine,

lorsqu'après son départ je découvre un trésor d'elle sur mon épaule j'enroule habilement la  boucle dorée du cheveu entre mes doigts jusqu'à sentir -l'amante- le parfum de sa pensée.

Par hervé pizon - Publié dans : L'avenue
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Mardi 24 février 2009
Vous vous souvenez sans doute bien, madame, qu’Herminius avait prié Clélie de lui enseigner par où l’on pouvait aller de Nouvelle-Amitié à Tendre, de sorte qu’il faut commencer par cette première ville qui est au bas de cette carte pour aller aux autres; car, afin que vous compreniez mieux le dessein de Clélie, vous verrez qu’elle a imaginé qu’on pouvait avoir de la tendresse pour trois causes différentes : ou pour une grande estime, ou par reconnaissance, ou par inclination; et c’est ce qui l’a obligée à établir ces trois villes de Tendre sur trois rivières qui portent ces trois noms et de faire aussi trois routes différentes pour y aller. Si bien que, comme on dit Cumes sur la mer d’Ionie et Cumes sur la mer de Tyrrhène, elle fait qu’on dit Tendre-sur-Inclination, Tendre-sur-Estime et Tendre-sur-Reconnaissance. Cependant comme elle a présupposé que la tendresse qui naît par inclination n’a besoin de rien autre chose pour être ce qu’elle est, Clélie, comme vous le voyez, madame, n’a mis nul village le long des bords de cette rivière qui va si vite qu’on n’a que faire de logement le long de ses rives pour aller de Nouvelle-Amitié à Tendre. Mais, pour aller à Tendre-sur-Estime, il n’en est pas de même, car Clélie a ingénieusement mis autant de villages qu’il y a de petites et de grandes choses qui peuvent contribuer à faire naître par estime cette tendresse dont elle entend parler. En effet vous voyez que de Nouvelle-Amitié on passe à un lieu qu’on appelle Grand Esprit, parce que c’est ce qui commence ordinairement l’estime; ensuite vous voyez ces agréables villages de Jolis Vers, de Billet galant et de Billet doux, qui sont les opérations les plus ordinaires du grand esprit dans les commencements d’une amitié. Ensuite, pour faire un plus grand progrès dans cette route, vous voyez Sincérité, Grand Cœur, Probité, Générosité, Respect, Exactitude, Bonté, qui est tout contre Tendre, pour faire connaître qu’il ne peut y avoir de véritable estime sans bonté et qu’on ne peut arriver à Tendre de ce côté-là sans avoir cette précieuse qualité. Après cela, madame, il faut, s’il vous plaît, retourner à Nouvelle-Amitié pour voir par quelle route on va de là à Tendre-sur-Reconnaissance. Voyez donc, je vous en prie, comment il faut d’abord aller de Nouvelle-Amitié à Complaisance ; ensuite à ce petit village qui se nomme Soumission et qui touche à un autre fort agréable qui s’appelle Petits Soins. Voyez, dis-je, que de là il faut passer par Assiduité, pour faire entendre que ce n’est pas assez d’avoir durant quelques jours tous ces petits soins obligeants qui donnent tant de reconnaissance, si on ne les assidûment. Ensuite vous voyez qu’il faut passer à un autre village qui s’appelle Empressement et ne faire pas comme certaines gens tranquilles qui ne se hâtent pas d’un moment, quelque prière qu’on leur fasse et qui sont incapables d’avoir cet empressement qui oblige quelquefois si fort. Après cela vous voyez qu’il faut passer à Grands Services et que, pour marquer qu’il y a peu de gens qui en rendent de tels, ce village est plus petit que les autres. Ensuite il faut passer à Sensibilité, pour faire connaître qu’il faut sentir jusqu’aux plus petites douleurs de ceux qu’on aime. Après il faut, pour arriver à Tendre, passer par Tendresse, car l’amitié attire l’amitié. Ensuite il faut aller à Obéissance, n’y ayant presque rien qui engage plus le cœur de ceux à qui on obéit que de le faire aveuglément; et, pour arriver enfin où l’on veut aller, il faut passer à Constante Amitié, qui est sans doute le chemin le plus sûr pour arriver à Tendre-sur-Reconnaissance. Mais, madame, comme il n’y a point de chemins où l’on ne se puisse égarer, Clélie a fait, comme vous le pouvez voir, que ceux qui sont à Nouvelle-Amitié prenaient un peu plus à droite ou un peu plus à gauche, ils s’égareraient aussitôt; car, si au partir du Grand-Esprit, on allait à Négligence que vous voyez tout contre cette carte, qu’ensuite continuant cet égarement on aille à Inégalité; de là à Tiédeur, à Légèreté et à Oubli, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Estime on se trouverait au lac d’Indifférence que vous voyez marqué sur cette carte et qui, par ses eaux tranquilles, représente sans doute fort juste la chose dont il porte le nom en cet endroit. De l’autre côté, si, au partir de Nouvelle-Amitié, on prenait un peu trop à gauche et qu’on allât à Indiscrétion, à Perfidie, à Orgueil, à Médisance ou à Méchanceté, au lieu de se trouver à Tendre-sur-Reconnaissance, on se trouverait à la mer d’Inimitié où tous les vaisseaux font naufrage et qui, par l’agitation de ses vagues, convient sans doute fort juste avec cette impétueuse passion que Clélie veut représenter. Ainsi elle fait voir par ces routes différentes qu’il faut avoir mille bonnes qualités pour l’obliger à avoir une amitié tendre et que ceux qui en ont de mauvaises ne peuvent avoir part qu’à sa haine ou à son indifférence. Aussi cette sage fille voulant faire connaître sur cette carte qu’elle n’avait jamais eu d’amour et qu’elle n’aurait jamais dans le cœur que de la tendresse, fait que la rivière d’Inclination se jette dans une mer qu’on appelle la Mer dangereuse, parce qu’il est assez dangereux à une femme d’aller un peu au delà des dernières bornes de l’amitié; et elle fait ensuite qu’au delà de cette Mer, c’est ce que nous appelons Terres inconnues, parce qu’en effet nous ne savons point ce qu’il y a et que nous ne croyons que personne ait été plus loin qu’Hercule; de sorte que de cette façon elle a trouvé lieu de faire une agréable morale d’amitié par un simple jeu de son esprit, et de faire entendre d’une manière assez particulière qu’elle n’a point eu d’amour et qu’elle n’en peut avoir.
Aussi, Aronce, Herminius et moi trouvâmes-nous cette carte si galante que nous la sûmes devant que de nous séparer. Clélie priait pourtant instamment celui pour qui elle l’avait faite de ne la montrer qu’à cinq ou six personnes qu’elle aimait assez pour la leur faire voir, car, comme ce n’était qu’un simple enjouement de son esprit, elle ne voulait pas que de sottes gens, qui ne sauraient pas le commencement de la chose, et qui ne seraient pas capables d’entendre certaine nouvelle galanterie, allassent en parler selon leur caprice ou la grossièreté de leur esprit. Elle ne put pourtant être obéie, parce qu’il y eut une certaine constellation qui fit que, quoiqu’on ne voulût montrer cette carte qu’à peu de personnes, elle fit pourtant un si grand bruit par le monde qu’on ne parlait que de la Carte de Tendre. Tout ce qu’il y avait de gens d’esprit à Capoue écrivirent quelque chose à la louange de cette carte soit en vers, soit en prose, car elle servit de sujet à un poème fort ingénieux, à d’autres vers fort galants, à de fort belles lettres, à de fort agréables billets et à des conversations si divertissantes que Clélie soutenait qu’elles valaient mille fois mieux que sa carte, et l’on ne voyait alors personne à qui l’on ne demandât s’il voulait aller à Tendre. En effet cela fournit durant quelque temps d’un si agréable sujet de s’entretenir qu’il n’y eut jamais rien de plus divertissant. Au commencement Clélie fut bien fâchée qu’on en parlât tant, car enfin, disait-elle un jour à Herminius, pensez-vous que je trouve bon qu’une bagatelle que j’ai pensé qui avait quelque chose de plaisant pour notre cabale en particulier, devienne publique, et que ce que j’ai fait pour n’être vu que de cinq ou six personnes qui ont infiniment de l’esprit, qui l’ont délicat et connaissant, soit vu de deux mille qui n’en ont guère, qui l’ont mal tourné et peu éclairé, et qui entendent fort mal les plus belles choses? Je sais bien que ceux qui savent que cela a commencé par une conversation qui m’a donné lieu d’imaginer cette carte en un instant ne trouveront pas cette galanterie chimérique ni extravagante; mais, comme il y a de forts étranges gens par le monde, j’appréhende extrêmement qu’il n’y en ait qui s’imaginent que j’ai pensé à cela fort sérieusement, que j’ai rêvé plusieurs jours sans le chercher et que je croyais avoir fait une chose admirable. Cependant c’est une folie d’un moment, que je ne regarde tout au plus que comme une bagatelle qui a peut-être quelque galanterie et quelque nouveauté pour ceux qui ont l’esprit assez bien tourné pour l’entendre.
Clélie n’avait pourtant pas de raison de s’inquiéter, madame, car il est certain que tout le monde prit tout à fait bien cette nouvelle invention de faire savoir par où l’on peut acquérir la tendresse d’une honnête personne qu’à la réserve de quelques gens grossiers, stupides, malicieux ou mauvais plaisants, dont l’approbation était indifférente à Clélie, on en parle avec louange; encore tira-t-on même quelque divertissement de la sottise de ces gens-là, car il y eut un homme entre les autres qui, après avoir vu cette carte qu’il avait demandé à voir avec une opiniâtreté étrange, et qui après l’avoir entendu louer à de plus honnêtes gens que lui, demanda grossièrement à quoi cela servait et de quelle utilité était cette carte. Je ne sais pas, lui répliqua celui à qui il parlait, après l’avoir repliée fort diligemment, si elle servira à quelqu’un, mais je sais bien qu’elle ne vous conduira jamais à Tendre.
Ainsi, madame, le destin de cette carte fut si heureux que ceux mêmes qui furent assez stupides pour ne l’entendre point servirent à nous divertir, en nous donnant sujet de nous moquer de leurs sottises. — Clélie, Histoire romaine, Paris, 1656, t. I p. 391
Par hervé pizon
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Mardi 24 février 2009





Soudain, le sentiment éclate :
Au creux de l'aisselle, mordillée,
Vacarme salé, ma si douce ortie !
Les aiguilles de silice brisées
Injectent chaque fragment de peau.
Il sent la terre humide parfumée.
Par hervé pizon
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Dimanche 22 février 2009
Il se blottit toujours dans ses actes à elle, jamais dans ses interstices à lui.
Sur le lit, comme devant un miroir, symétriques, les gestes enveloppants se répondent : il lui masse les épaules et la nuque, il embrasse tendrement son dos.
Ainsi qu'il le ferait avec sa soeur ou avec ses enfants, il réchauffe son pied droit puis le gauche, avec ses mains d'abord puis ses mollets les accueillent successivement en leur cachette.
Les rires francs et malicieux percent le silence. D'un air léger, les souffles atteignent leurs visages et se rejoignent.
Il sent la peau respirer sous le coton ; elle le sent contre ses cuisses.  Les gestes se font plus délicats encore : les ventres, douceur chaude envahissant les corps.
Durant toute la nuit, il reste au contact de ses reins -elle dirige sa main vers la chaleur de son sein- doigts mêlés ou main sur sa joue, pas une seconde sans ce toucher.

Aucune fougère n'a cet éclat. Tout est doux, tout est dit.
Par hervé pizon - Publié dans : L'avenue
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Lundi 16 février 2009
En ce dimanche anniversaire, tout s'active en cuisine. Les fourneaux bombent le torse : pommes de terre écrasées à la fourchette avec grand soin, confit de cuisses de canard désossées puis émiettées, l'ensemble nappé de miettes de pain d'épices dressé dans un plat aux dimensions familiales, enfourné durant deux heures.
Le vin est chambré, il a été remonté de la cave la veille ; la table a été dressée de guingois par une nuée d'enfants, aussitôt remise en ordre de bataille. C'est-à-dire,  gauche droite comme il convient, fourchettes nez contre toile de jouy, couteaux yeux tournés vers les visages ronds des assiettes.

Lorsque la voiture pénètre dans la cour -ce bruit sur les graviers- puis stoppe à côté du mur, tout est prêt.
Les invités sont arrivés. Accueillants, les enfants dévalent les escaliers en ordre dispersé, plus grand devant, tous  la fleur au fusil pour rejoindre le perron de l'entrée.
Les présentations sont faites  :

- Bonjour... bienvenue !
- Vous avez une maison charmante...
- Dites bonjour les enfants, ne soyez pas timides commes des bourgeons !

Elle est souriante, d'emblée à l'aise et plutôt sympathique la nouvelle "amie" du frère.
La conversation s'engage dans le couloir, on parle à bâtons rompus de la neige et du beau temps.


- Vivement le printemps...
- Ah ? Designer, quel beau métier !
- Qu'il passe son chemin ce rude hiver. Que les perce-neiges...
- Oh zut ! Les fleurs.

Elle s'en va les chercher dans sa voiture longue comme un jour sans fin.

- Oooh ! Des tulipes rouge orangé !

Alors que les bulles emplissent les coupes et grimpent avec élégance sur la paroi des verres des convives, les fleurs à bulbes suivent le chemin inverse. Négligées, elles baillent, s'affaissent avec une nonchalance non feinte. Jusqu'à s'ouvrir complètement. Et en quelques minutes, inexorablement, dans un vacarme pitoyable pour les yeux,  les pétales tombent. Un à un.

Par hervé pizon - Publié dans : Hommage
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