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Le bras d'elle
Si fine brindille
Accrochée à lui
Nez en l'air
La ruelle aux pigeons
Vite avalée
Et bientôt
La rue de nuages
De mèche avec la pluie battante
Le baiser
En connivence submergée
Têtes penchées
En collusion ouverte
Offertes au propos
A bâtons rompus
Sans s'épancher
Ou si peu
Sur l'artère connue
De ses enjambées seules
De mèche avec la pluie battante
Le baiser
En connivence submergée
Il s'est tu
Il sent chacun des vaisseaux
Distribuer de son coeur
Le sang dans toutes
Les parties du corps
Pas d'effusion
Pluie et baisers au square
Juste les visages inondés
De mèche avec la pluie battante
Le baiser
En connivence submergée
Les caniveaux dégorgeant
De feuilles caduques
S'improvisent urbains
Ruisseau ou lac
Et un peu plus tard
La main d'elle
Comment dire sa main
Dans la chambre ?
De mèche avec la pluie battante
Le baiser
En connivence submergée
Ultérieurement
Les corps enfouis
Leurs racines
Les tintements de l'averse
Dévalent les toits
De tuile en gouttière
Se jouant de tout
Avec hardiesse
De mèche avec la pluie battante
Le baiser
En connivence submergée
Les corps tendus
Et de lui en elle
Leur fou rire
Met définitivement en pièces
La nuit muette.
le lierre recouvre
pied et bas du tronc
arbrisseau
lien
persistant
herbe de Saint-Jean
abandon
linéament
le lierre meurt où il s'attache
le lierre recouvre
pied et bas du tronc
fruits charnus
ombelles
ornement
lisière des sentiments
parangon
dénuement
le lierre meurt où il s'attache
le lierre recouvre
pied et bas du tronc
sans manteau
liane nue
arborescent
clairière des amants
buisson
firmament
le lierre meurt où il s'attache
J'entends
l'orage déchirer
la cime de l'arbre
bris du carreau
sur la pierre façonnée
infiltration
par le joint de mastic fissuré.
J'entends
l'orage cesser :
du talus
l'eau ruissele
en torrents clairs
dans la cour ravinée
la lumière
et l'humus.
A cette heure, le soleil orange se pose sur les toits, alors, à apprivoiser le contrejour, les yeux accomodent. Annonce d'un léger retard : il sent des milliers de fourmis courir sur ses jambes. Régime pamplemousse pour passer au 38 taille basse, la conversation de la table voisine frappe ses oreilles. Il en sourit. Pour y échapper et se donner la convenance qui sied, il se concentre sur les bruits plus lointains de la terrasse, la peau de serpent du platane et l'entrelacement des racines soulevant le bitume, la sensibilité de l'enveloppe du corps.
Il pense amusé on repère vite et aisément la personne attendue, même au milieu de l'agrégat d'une foule compacte. Il aime par-dessus tout cet instant précis durant lequel le désir donne une acuité à nulle autre pareille : la conscience aigüe d'exister pour soi, la capacité de discerner deux points distincts.
Comme une boucle, rendez-vous en lieu et heure identiques, là où quelques mois auparavant, elle l'embrassa -il était en équilibre sur sa chaise- une première fois ; ses cheveux tourbillons couvraient son regard et leurs bouches sentaient le citron et le café.
Quelques empreintes se mèlent aux coulures de peinture, impressions et passes successives.
La buée est formée de gouttes infinies sur le carreau à mastiquer ; la crémone est grippée.
Cartons luges : les enfants glissent aux éclats en dévalant le talus piste noire !
Du mur en pierres sèches pousse la treille bancale qui soutient les raisins à croquer.
Pommier du Japon, ronces et orties, les humbles.
Et plus loin, en lui ?
L'herbe, toujours plus verte.