Mercredi 21 mai 2008
Eloquence, doux parler. Chut ! silence total, silence.
Oui l'absence, bouche baie.
A l'embouchure, la branche du long fleuve en soupire d'aise.
Sourire aux lèvres, la feuille dort à fleur de peau.
Guirlande des amours est le myrte, l'arbre de Vénus.
Par hervé pizon - Publié dans : De l'amour
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Mercredi 21 mai 2008
 

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Par hervé pizon - Publié dans : De l'amour
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Mercredi 21 mai 2008
Bouche, mains
Conclave convexe
Oblique de toi
Aubade d'airain
Enclave complexe
En vie, de toi.
Par hervé pizon - Publié dans : De l'amour
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Mercredi 21 mai 2008
Fille du feu
Lumière et chaleur s'entrechoquent sur les corps mouillés rutilant braise incandescente,
ma torche allumée au soleil.
Donnée à elle, de celle de Prométhée, de la combustion vive
d'un corps aimant immolé, pyromane,
le feu.

hervé pizon


Mon masculin alpestre descendant en flambeaux, de là-haut, j'ai cru selon la table d'orientation voir le Mont Blanc, j'ai fait oui de la tête au Léman embrouillé de nuages. Tout fondait autour de nous, et Icare ignifugé n'amerissait jamais.
Emmanuelle Grangé

Elle : Elle dit gorge pour la suite et soupire.
Lui : Tu soupires, mon pont ?


La fonte des neiges
En vallée étroite et resserrée du féminin singulier que tu es regorge
les eaux bleues de ma fonte des neiges.
Posé au sommet de ton épaule hospitalière, je ne déroge pas au plaisir,
elle déployée, lui oiseau rouge,
la gorge.
hervé pizon


Elle : C'est hurle-vent ici mon oiseau de feu et tes mots qui balancent mon pont à l'eau. Texte suit après café brûlant.


Je n'ai plus souvenir de l'adresse sauf de ta couleur diluant la mienne dans l'asti spumante de tes bras m'enserrant toi derrière moi, l'eau partait vers le Lido, ta gorge rauque à la mienne blanche que tu n'oublies pas.
Emmanuelle Grangé

Par hervé pizon - Publié dans : Emmanuelle Grangé et hp
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Mercredi 21 mai 2008
Il n'est point de vacance en sentiment
Quand langueur de l'onde est tourment
A corps léger emprisonné au beffroi
L'unique des livres ce profond effroi
Du départ redouté, bastillons la tour
Et à l'abandon, de nos coeurs, amour.
Virgule, amour.
Point à la ligne.
Amour, virgule...
Amour et caetera.
Par hervé pizon - Publié dans : De l'amour
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Mercredi 21 mai 2008
Naël, mon fils de six ans (et demi), grimpe à toute allure sur le mur en pierres sèches qui clôt la maison ; il s'asseoit dos contre le pilier du portail. De là, on a une belle vue sur le Doubs en contrebas et le soleil brille printanier. Quand il prend cette position, c'est pour jouer à observer les passants, les invités attendus, ou, comme hier, pour me parler de choses importantes à ses yeux, de celles qui comptent et font grandir, qui nécessitent une oreille attentive et bienveillante de ma part, un acquiescement, une certitude. Alors moi, je suis perché avec lui là-haut, assis face à ses beaux yeux marrons, adossé au mur de la grange.
Voilà, nous sommes prêts, alors il me dit que Carla, la copine d'école décédée un peu avant Noël, elle a une belle tombe, et j'accueille dignement sa question :

- Dans le cimetière, tout au fond, tout au fond, c'est loin, c'est pour les enfants. Ca serait pas beau hein papa à côté des grands ?
- Oui Naël, ça serait pas beau, c'est pour cela que c'est tout au fond.

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Par hervé pizon - Publié dans : Histoires de famille
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Mercredi 21 mai 2008

La lagune de ta bouche

Je m'enivre à toi étroite bande de terre qui me relie à la lagune des mots ta langue en souvenirs d'Isola Verde à Venedig (Venise).
Sur le cordon littoral des sentiments, compter chaque grain de sable dans les chaussures comme cadeau de l'amour accueilli, je ne triche pas au jeu,
le hasard.

hervé pizon

Murano encore ça pique dans les chaussures tous ces grains soufflés en verre, et quels cons ces pigeons de vivre en ville, nulle badine entre nos hanches serrées l'une à l'autre.
Tu fais bien de hasarder tes mains sous mon coton.
Emmanuelle Grangé

L'inventaire de toi
Inventaire équivoque de la matière, des maîtres verriers
aux cotonniers, le geste ancestral de la main, mes doigts caressent l'étoffe de la peau enveloppe de ton fruit, près du coccyx.
Inéxorable le frisson innocent parcourt instantanément l'échine,
interlope de tes sens,
l'interdit.
hervé pizon

Tu en oublies l'oreille qui prête son sens à l'anatomie visée, doigt à doigt glissant, tu révèles yeux mi-clos, cils caressant des abysses des monts des replis des chutes d'un climat étranger, entre-zones offertes jamais avant visitées pour cause d'interdit aux experts rustres,
je te désire de nos différences muettes happées.

Emmanuelle Grangé

Par hervé pizon - Publié dans : Emmanuelle Grangé et hp
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Mercredi 21 mai 2008

Souvenir de mon enfance, nous investissions souvent en bande un terrain de jeu espace infini interdit aux filles, la décharge du quartier voisin. Chacun de nous fouillait pour y trouver un improbable objet qui prend sens au moment où on le trouve jusqu'à ce qu'on le jette, très vite le plus souvent. Première cigarette, les P4 vingt centimes le Paquet de 4 cigarettes âcres qui arrachaient les alvéoles de nos jeunes poumons; plus qu'à fumer, les P4 servaient à allumer facilement les mèches des pétards placés ensuite dans les bouteilles de sodas en verre.
Parfois ça castagnait entre nous du quartier Montrapon contre les vrais occupants du quartier ceux des Montboucons, jamais eu de blessures graves malgré la guerre enfantine des tranchées, les projectiles cailloux et bouteilles.
Dans ce même quartier ennemi par nous occupé, il y avait une autre curiosité, la maison d'une rousse flamboyante, Colette, qui séjourna à Besançon, elle y écrivit ses Claudine. C'était toute une histoire cette maison à nos yeux d'enfants, on savait qu'elle y avait vécu, on avait pas lu. On achetait ou on volait bonbons, cigarettes et pétards au bureau de tabac de la place Colette près l'école.
L'était impitoyable le quartier, pas de quartier. Dès que l'on était plus en bande on était vulnérable et on l'apprenait vite à ses dépens les vols de vêtements, les luges, les vélos. Ca, ça faisait pas mal. Un jour, je suis seul en rentrant de l'école, ils sont trois, deux me tiennent les bras, un autre frappe à coup de poings dans le ventre, ils sont trois de la même origine sociale, la même école, la même classe. Ce jour-là à 10 ans, après avoir dégueulé et pleuré, ma vie a changé définitivement, sortir du bourbier. Voilà je l'ai fait on me traite de bourgeois bohême, je peux le dire aujourd'hui. Quelques jours après en classe ils ont cassé la gueule de notre institutrice devant nous, son prénom c'était Colette.

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maison de colette cliché marlin

Par hervé pizon - Publié dans : Histoires de famille
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Mercredi 21 mai 2008
Main donnée pas lui, j'écarquille, pas uniquement les yeux, plus bas bien sûr, pudeur mal nommée... Tu acquiesces à ma proposition évidente, me voici bouche bée sans plus de voyage intercontinental, je tiens, soumise délibérée, à elle comme toi,
la jouissance.
Emmanuelle Grangé


Côté jardin de l'amour il jura n'être point un jocrisse. Buisson, idylle, les longs champs ne sont plus jachère, les voyageurs transits à l'horizontale de la terre, immobiles, souffle court, ont les mains jointes.

Au commencement d'une prière à toutes les divinités de l'amour réunies, le paysage se découvre à la fraîcheur verte des sentiments et à l'argenté pureté du feu amoureux.
Mains jointes puis main basse, Dieu qu'elle est belle cette longue série jade unique de toi,
la kyrielle
hervé pizon


Vois les amants déchirés de mille clauses futiles,
funestes par tant de restrictions inodores en bandes grises.
Je préfère l'impromptu de tes gestes qui balancent le possible radieux.
Emmanuelle Grangé
     
Par hervé pizon - Publié dans : Emmanuelle Grangé et hp
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Mercredi 21 mai 2008
Un proviseur de lycée américain avait coutume d'envoyer cette lettre lors de chaque rentrée scolaire à l'ensemble des enseignants de son établissement :

"Cher professeur, je suis un survivant des Camps de concentration.
Mes yeux ont vu ce qu'aucun homme ne devait voir :
Des chambres à gaz construites par des ingénieurs instruits.
Des enfants empoisonnés par des praticiens éduqués.
Des nourrissons tués par des infirmières entraînées.
Des femmes et des bébés exécutés et brûlés par des diplômés de collège et d'universités.
Je me méfie donc de l'éducation.
Ma requête est la suivante : aidez vos élèves à devenir des êtres humains.
Vos efforts ne doivent jamais produire des monstres éduqués, des psychopathes qualifiés, des Eichmann instruits. La lecture, l'écriture, l'arithmétique ne sont importantes que si elles servent à rendre nos enfants plus humains. (...)

Annick Cojean, extrait des Mémoires de la Shoah
Confrontation avec l'histoire, Le Monde, avril 1996.
Par hervé pizon - Publié dans : Souvenir
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